La Gauna, 40 ans d’histoires d’amours, histoires de copains, histoires d’une maison et de ses habitants. Nous publions ici les traces écrites, photographiques, vidéos ou sonores de ces récits.
Photos
Lettre de Philippe à ses parents le 2 Juillet 1970
Cher Papa, Chère Maman,
Un petit mot pour vous dire que nous vous attendons avec impatience… La Gaouna 7′ merveille du monde !
Ici bon moral. Travail. Installation provisoire d’une douche, d’un évier, d’une évacuation d’eau sales… Le toit va être fait d’ici quelques jours, et les lapins démarrés dans une quinzaine.
Un procès verbal du garde chasse pour piégeage de merles ! J’ai fais intervenir les beaux-frère de Françoise qui est procureur à Castres. J’espère que cela n’ira pas trop loin.
Merci pour le prêt de 1000 Fr et toutes vos lettres auxquelles nous ne répondons pas beaucoup…
Bruno peut-il venir cet été travailler avec un camarade ? Salaire = 20 francs par jour, nourri logé !
Quand vient Manou ?
Pouvez-vous nous amener quelques petits meubles, si vous en avez en trop (table de bridge, chaises…) et un fusil, si disponible.
La Gaouna vient du mot patois « Le Gaoun » = le TROU !
Je vous embrasse très très fort.
A bientôt – Philippe
La Gauna – un texte de Manou – 24 Mars 2010
Un ami de Paris
Qui parle des Corbières
Une bergerie dans les pierres
Le vent inusable, infini.
Entre vignes et carouilles
Cistes odorants et romarins
Les parfums enivrent
De leurs alcools doux.
Paziols, les chemins de terre,
Des murs qui ont connu la vie
Une rencontre : Joseph
Un profil taillé dans le schiste.
La traversée de Tuchan
Les platanes et puis les amandiers,
La route sinue
Dans des terres ocres.
Quelques pins aux troncs noircis,
Ségur, comme un trou de verdure
Où coule une rivière.
Là, étendues les longues baraques
Des mineurs aux fenêtres sans bois.
Plus loin, la vallée se divise,
La route s’enfuit dans les chênes verts.
Le pont de pierre,
des vignes en couloir qui conduisent au village :
Palairac se serre les pierres
dans l’étroitesse de son berceau.
Deux lacets vers le Col de la Gineste
Et là,
Perdue, la vallée du bout du monde.
Le rêve,
Le petit verdouble qui coule :
La Gauna.
Un tilleul, deux palmiers, trois marronniers.
Depuis 7 ans Gabinot est parti,
La maison vit des amours des jeunes du pays.
L’allée des cerisiers.
La chaleur qui cerne des ombres précieuses.
Le bonheur.
Françoise et Philippe se regardent :
Les yeux parlent.
La Souche – Janvier 2008









